Pourquoi j’aime autant les DJs ?

14 Fév 2019 | Musique

Avant propos : Comment ma passion pour les DJs a-t-elle commencée ?

Je suis passionné de musique électronique depuis environ mes 14 ans. J’ai découvert ce style de musique entre vers l’âge de 10/11 ans. Je me souviens que vers le CM2 (vers 2005), mon père m’avait montré une musique de Jean-Michel Jarre : Pop Corn. Ce fut une révélation pour moi. Je me rappelle très bien que je passais tout mon temps libre à jouer aux jeux vidéo et à dessiner avec cette musique. Que de nostalgie… Mais cette musique en fond sonore servit aussi à m’inspirer pour draguer les filles sur Msn (et ouais, j’étais assez précoce…).

Mes deux premiers DJs coup de cœur sont suédois (2005-2009)

La même année, je découvre le bon vieux Crazy Frog avec la musique Axel F, qui est un remix du thème du film le flic de Bevely Hills (1984). J’adhère immédiatement, aussi bien à la musique qu’au personnage. Je ne me lasse pas de voir une bonne bouille de grenouille faire des carabistouilles (appréciez la double rime). Les musiques du personnage fictif suédois s’enchainent, et une attire particulièrement mon attention : Pop Corn. Coïncidence incroyable à l’époque : comment aurais-je pu deviner qu’une telle grenouille aurait été prête à reprendre une de mes toutes premières découvertes électro ? Je vous laisse imaginer le sourire s’esquisser sur mon visage d’enfant de 11 ans.

Photo du personnage fictif « Crazy Frog »

Les années passent et en 2008, je tombe sur des montages vidéos YouTube sur le jeu WarCraft 3 (mon jeu préféré de l’époque) qu’un ancien bon joueur français de Reign of Chaos avait faits (ByYyroN). Une musique choisie par le jeune joueur attire particulièrement mon attention : DotA, composée par BassHunter, un talentueux DJ (geek) suédois. DotA était un mod de WarCraft 3 très populaire à ce moment-là. On peut totalement affirmer que c’est le mod qui a totalement inspiré tous les MOBA que l’on connait aujourd’hui, et ainsi certifier qu’il est bel et bien l’ancêtre du jeu League of Legends, jeu eSport le plus populaire de ces dernières années. La mélodie de DotA par BassHunter me rend totalement accro à l’époque. C’est la première fois que je spamme le bouton « replay » de YouTube pour une musique. Après Crazy Frog, BassHunter est le second DJ suédois auquel je m’intéresse de très près. Très vite, je deviens un énorme fan de ce dernier et écoute tous ses albums (d’abord LOL <(^^,)> (2006), car c’est l’album qui contient DotA. La mélodie de DotA fut reprise par BassHunter d’une mélodie très connue que je connaissais pas du tout : Daddy DJ (2000) composée par des DJs français. Le DJ suédois adore la mélodie et produit plusieurs remixes avant de réaliser la remixe ultime : DotA, qui fait carton plein en 2006 pour son album LOL <(^^,)>. L’album comprend également un autre son à thème geek : Boten Anna. Bien que les paroles soient en suédois, je suis rapidement assez familier avec le thème puisqu’elle traite de l’utilisation de « bots » (robots) que l’on utilisait beaucoup dans les jeux tels que WarCraft 3 pour les clans et canaux de discussion, ou encore Counter Strike Source où les IA sont qualifiées de bots. Ici, BassHunter parlent des bots comme étant de réels êtres humains, ou presque, qui « font le ménage dans notre salon ». Vous l’aurez compris, le DJ suédois avait énormément d’imagination, tant au niveau de la production musicale que dans l’écriture de ses HITs.

Couverture de l’album LOL <(^^,)> (2006) – BassHunter

J’étais tellement fan de BassHunter à l’époque, que je lisais l’entièreté des paroles de ses musiques en langue suédoise. Bien que je ne pigeais que dalle, je m’amusais à déconner sur les paroles en faisant des jeux de mots à la mords-moi le nœud. Une musique de BassHunter appelée « GPS » (LOL <(^^,)>, 2006) commençait avec les paroles suivantes : « Utan dig var är jag då? » (traduction française : « sans toi, où suis-je ? ») que moi je comprenais « Uh… tain… le vent… les vautours », autant dire que c’était très loin de la traduction originale…

Allez, je sais que vous avez aimé cet exemple alors je vous en donne un deuxième, dans la musique « DotA » de BassHunter, il y a la ligne suivante : « och pushar på och smeker » (traduction française : « et pousse et caresse ») et je comprenais la première partie de la phrase (och pushar på) en « le bouche à bouche ». Encore une fois très éloigné de la réalité… C’est ce qu’on appelle sur YouTube les « hallucinations auditives », où l’on entend des paroles mais on l’on comprend totalement autre chose. Beaucoup d’humour en perspective.

Ma passion pour BassHunter continue de gagner du terrain et j’écoute ses toutes premières musiques rendues publiques sur Internet à partir de 2006 d’un premier album appellé « The Old Shit » commencé en 1999. La plupart des musiques ont été composées entre 2001 et 2003. BassHunter avait à l’époque entre 17 et 19 ans. Les musiques sont bien trop peu élaborées à ce moment-là, car le DJ se fait la main sur le logiciel Fruity Loops (Appelé aujourd’hui FL Studio), mais j’arrive à grandement apprécier les titres Counterstrike the Mp3, composée à partir des samples du jeu, et Jurassic Park, que je trouve très bien réalisée.

J’ai par contre moins adhéré à son tout premier album commercialisé sur le net « The BassMachine » rendu publique à partir de 2004.
En 2008, BassHunter devient de plus en plus commercial. Ce dernier réalise le titre « Now You’re Gone » en collaboration avec le DJ Mental Theo et ce titre connait, pour la première fois, un succès international. Il reprend exactement la mélodie de DotA (Daddy à l’origine, donc) et produit un clip avec tous les éléments « putaclic commerciaux » (belles femmes (avec option actrice porno : Aylar Lie) et histoire d’amour. En 2009, il fait également de même avec le titre « All I ever Wanted » en reprenant la mélodie de DotA (Daddy DJ, donc) et connait le même niveau de succès. Le clip est en effet la suite directe de Boten Anna.

BassHunter – Angel in the Night – Videoclip (2009)

BassHunter reste plus ou moins dans l’ombre jusqu’à cette date (2008) mais analyse rapidement ce qui marche en terme de musiques sur Internet. Il en déduit dans une interview qu’il faut parler « d’amour » pour avoir du succès. A partir de cette année, la majorité de ses clips musicaux et paroles reprennent un tel thème. A-t-il eu raison ? Sans aucun doute. Son succès croît de plus en plus, en particulier lorsqu’il sort l’album Bass Generation qui est de loin mon album préféré d’un point de vue musical, malgré le côté un peu « commercial » des clips, tant au niveau des les paroles qu’au niveau de la réalisation. Aurais-je pu blâmer BassHunter d’avoir fait un tel choix commercial ? Avec le recul, je ne pense pas. Etant un grand fan de ses premiers clips Boten Anna et DotA, j’ai eu les poils qui se sont hérissés quand les clips Now You’re Gone et All I Ever Wanted sont sortis, mais mettons-nous cinq minutes à sa place : ce qu’il a fait est avant tout un choix stratégique. S’il était resté dans la niche du « geek », il n’aurait, malgré son talent de musicien, probablement jamais eu un tel niveau de succès. Comme le dit si bien Henri PFR dans une interview de 2014, avoir du succès c’est bien, mais il faut être capable de jouer sur les éléments marketing pour attirer l’attention de l’audience, et c’est ce qu’a réussi BassHunter avec brio.