Défi Chinois 200 jours

16 Avr 2019 | Langues

 

Comme promis, on passe maintenant aux choses sérieuses. Si vous avez suivi ma chaine YouTube, vous savez probablement que j’ai lancé en Août 2017 un concept de bilan hebdomadaire en entamant un défi russe 30 jours (cf. 12 de mes plus grandes fiertés (partie 4)) via l’application mobile Mosalingua ainsi qu’un défi japonais 100 jours à partir des cours de Julien Fontanier sur YouTube (défi que j’ai d’ailleurs râté, car bien trop ambitieux. Je ne suis même pas arrivé au tiers de celui-ci. Mais il m’a permis d’apprendre de mes erreurs). Pourquoi ai-je donc l’intention de multiplier par deux le nombre de jours d’apprentissage du chinois à présent me diriez-vous ? Hé bien, le titre peut sembler impressionnant, mais il s’agit d’un défi bien différent du défi japonais 100 jours que j’ai tenté de réaliser l’an dernier. Cette fois-ci, il sera bien plus pragmatique, raisonnable, et à des fins différentes. Le défi japonais avait pour but de survoler la langue, de me familiariser un peu plus avec celle-ci, de découvrir ses subtilités et d’obtenir un premier aperçu de son fonctionnement linguistique et de réfléchir sur sa métalinguistique. Je l’ai d’ailleurs fait par intérêt pour les cours de Julien Fontanier que j’avais suivis auparavant.

Maintenant, je suis en Chine pour une durée de 6 mois (mais qui pourrait éventuellement se prolonger), j’ai donc pour objectif d’acquérir des compétences pragmatiques (surtout le fait d’être capable de communiquer et de comprendre la langue). Il faut dire que du fait que je réalisais des vidéos hebdomadaires très écrites, avec des vannes, beaucoup de montage et un jeu d’acteur, cela me forçait à me concentrer sur l’aspect vidéo du défi plus que sur l’apprentissage de la langue en elle-même. Il est par ailleurs vrai que le travail d’écriture (en particulier sur les nombreux jeux de mots) m’ont permis de mémoriser efficacement la langue (en particulier la partie concernant les nombres en japonais) et parfois de remotiver certains viewers à continuer de suivre les cours de Julien Fontanier.

Aujourd’hui, j’ai donc un tout nouveau défi en tête, totalement repensé, avec différents objectifs et méthodes, et en m’inspirant des défis que j’ai pu réaliser dans le passé notamment :

  • Le défi allemand (inexistant sur ma chaine YouTube, mais qui est le fruit de ma vidéo « Die Deutsche Sprache » datant d’Avril 2016 : comment passer de B2 à C1/C2 dans la langue de Goethe)
  • Le défi russe (retenir du vocabulaire, et montrer le tout en vidéo de façon hebdomadaire) [Août 2017]
  • Le défi japonais (suivre des cours complets de japonais (vocabulaire, grammaire et réflexion métalinguistique sur le japonais), montrer le tout en vidéo chaque semaine.

Mais avant de dire comment je vais me servir de ces 3 défis précédemment réalisés pour en réaliser un 4ème, faisons un point sur deux choses : mon parcours en chinois jusqu’à présent, où j’en suis aujourd’hui, et bien sûr, comment je compte m’y prendre pour ce défi.

 

Quand et comment ai-je commencé le chinois ?

 

J’ai commencé le chinois en Septembre 2013 en L1 LEA anglais-allemand. A cette époque, tout étudiant de Langue étrangères Appliquées se devait de choisir une 3ème langue en non spécialiste. Le chinois était la seule langue asiatique disponible à l’Université Paul Valéry (UM3). J’ai donc opté pour cette dernière. J’ai très vite beaucoup aimé la langue, et ai prolongé mon apprentissage de celle-ci jusqu’en fin de L2 LEA, où j’ai pu acquérir quelques bases. Je « termine » mon apprentissage de celle-ci en Mai 2015. En résumé, j’ai donc appris le chinois pendant 2 ans à un volume horaire de 1 heure et demie par semaine, en ne comptant pas les vacances scolaires.

 

Arrivé en L3 LEA (Erasmus en Allemagne), j’essaye de continuer les cours de chinois. Malheureusement, le niveau est bien trop élevé pour moi, et les méthodes d’apprentissages bien trop éloignées de celles que j’ai eu à Paul Va (ma fac à Montpellier). Je décide donc d’arrêter le chinois et n’ai plus eu l’occasion de suivre des cours jusqu’à ce jour dans cette langue.

Vous l’aurez compris, ma LV3 officielle (après l’anglais et l’allemand) se devait d’être le chinois, car c’est la langue que j’avais officiellement commencé à étudier à l’université (bien qu’à 18 ans (2013), j’avais commencé à apprendre le système d’écriture du coréen, j’en parle dans cet article). Mais j’ai aussi eu l’occasion de commencer à apprendre le néerlandais fin 2016 (très proche de l’allemand), le russe été 2017 et enfin le japonais début 2018. J’en parle également dans cet article.

 

Mon défi chinois 200 jours : la méthode

 

J’ai mis du temps à savoir comment je comptais apprendre cette langue. Il faut savoir que j’ai avant tout une mémoire visuelle. J’ai donc besoin d’écrire le plus possible la langue pour retenir les structures grammaticales et le vocabulaire. Le thème grammatical (traduction de la langue maternelle vers la langue cible) m’a été extrêmement utile en L1 et L2 de LEA allemand pour faire des progrès spectaculaires dans la langue de Goethe. Je compte faire de même en chinois. Bien évidemment, écrire des phrases suffit à retenir, mais pas à s’habituer à entendre le chinois ni à le prononcer, il faut donc combiner les deux.

 

Le système de répétition espacée (SRS)

 

Méthode extrêmement efficace donc, mais, comme j’en parle dans l’interview de mon défi russe 30 jours chez Mosalingua, il aurait été bien que les applis Mosalingua disposent également de la fonction « écrire le texte en entier ». Ce n’était pas bien grave lorsqu’il s’agissait de simple vocabulaire, en particulier dans les langues de Goethe et de Shakespeare, mais comme je l’avais remarqué pour le russe, j’aurais aimé pouvoir écrire en phonétique pour que celle-ci se transforme en alphabet cyrillique dans un champ texte, et que l’algorithme de l’application puisse vérifier l’exactitude de la réponse. Il n’en était rien. En effet, les applications Mosalingua étaient adaptées aux révisions courtes.
Par ailleurs, j’ai eu envie, depuis bien longtemps, qu’une application Mosalingua Chinois sorte. Le projet était en cours depuis 2014, mais il n’a jamais vu le jour (les développeurs n’ont apparemment pas été satisfaits du résultat), dommage…

 

Alternatives (applis) idéales pour moi

 

Au début, j’ai utilisé AnkiApp, application suggérée par Sam le développeur de Mosalingua lui-même. Il s’agit de packs de mots / phrases uploadés par les utilisateurs de l’appli, que j’ai trouvés assez bons pour ma part. C’est à peu près le même principe que Mosalingua, sauf que l’appli est moins « complète » et pas spécialisée pour le chinois. Mais c’est bien au début pour apprendre de nouveaux mots et de nouvelles phrases. On fait par contre vite le tour pour les débutants, car les phrases sont plus complexes que le niveau débutant total (niveau que je possède actuellement) mais je garde l’appli de côté pour quand j’aurai fait plus de progrès. Pour l’heure, c’est une très bonne pioche. Petit bémol : comme Mosalingua, on ne peut pas écrire le pinyin (phonétique du chinois) avec le clavier iPhone. Je rêvais donc d’une application où on puisse écrire la phonétique, avec un système de flashcards tel que celui-ci. Et j’ai trouvé.

 

L’alternative ultime : Quizlet flashcards

 

Quicklet flashcards c’est à peu près le même principe que AnkiApp, sauf que cette fois-ci, miracle, on peut écrire le pinyin soi-même, et l’algorithme vérifie notre réponse. J’ai d’ailleurs commencé à réviser en utilisant l’appli, il y a des packs très bons pour les débutants, et des phrases que je retrouve dans mon manuel de chinois que j’utilise avec mon prof particulier. Une excellente pioche donc. En plus, la prononciation est présente pour chaque flashcard, ce qui est absolument important pour moi pour arriver à retenir la prononciation du pinyin (initials and finals) que j’ai vu en cours particuliers, à l’aide du manuel et des enregistrements audio.

Et pourquoi pas les autres applis bien connues pour apprendre le chinois ?

 

J’ai essayé rapidement Duolingo chinois, Memrise, ChineseSkill et Hellochinese qui ont à peu près toutes le même fonctionnement. Voir du vocabulaire, confirmer ses réponses à partir de choix multiples, entendre la prononciation etc. Je trouve le système d’apprentissage beaucoup trop linéaire et répétitif, voire barbant. Après, ce n’est que mon avis. Je préfère être confronté directement à des phrases plus complexes avec des flashcards, pratiquer dans mon environnement chinois à Chengdu, et poser des questions aux natifs sinophones.

 

L’e-Methode ASSIMIL

 

 

En 2013/2014, j’ai pas mal utilisé l’e-Méthode d’ASSIMIL. D’abord en 2013 pour apprendre l’allemand (en plus de l’application Mosalingua allemand) et ensuite en 2014 pour me perfectionner en anglais. J’ai beaucoup aimé cette méthode, que j’ai trouvée extrêmement complète. Il s’agit ni plus ni moins que de manuels numériques où on a à la fois la prononciation, le vocabulaire et des méthodes interactives / progressives pour apprendre une langue. J’ai tellement aimé la méthode que j’avais commencé à l’utiliser en néerlandais fin 2016, mais j’ai ensuite perdu de vue mon objectif. Je suis persuadé que j’aurais pu apprendre la langue en un rien de temps grâce à cette méthode. Si vous avez un petit côté geek comme moi et que vous préférez les méthodes numériques aux méthodes papiers, celle-ci est faite pour vous. Gros regret qu’un e-Méthode ne soit pas disponible pour le chinois, sinon je l’aurais déjà saignée…

 

Ce qui me motive à apprendre le chinois

 

Je suis quelqu’un jusqu’au-boutiste, et je n’aime pas m’arrêter en plein chemin (même s’il est vrai que je me suis beaucoup éparpillé dans le choix définitif de ma LV3). J’ai maintenant fait mon choix définitif :  l’apprentissage du chinois reste la décision la plus cohérente, étant donné que c’était, comme dis plus haut, officiellement ma LV3 universitaire.

J’ai parcouru un très long chemin pour apprendre la langue de Goethe. Je pars de très loin en ayant obtenu qu’un niveau A2 après mon bac ES à l’oral d’allemand (j’ai quand même eu 15 en apprenant par cœur (10/10 à la présentation du texte, un minuscule 5/10 pendant l’entretien, et encore, la prof avait été gentille… je ne savais pas dire un mot en allemand après 2 ans de collège et 3 ans de lycée…). Eté 2016, j’ai quand même obtenu le niveau C2 en allemand (test OLS de fin d’Erasmus). En partant A2 4 ans auparavant en en ayant jamais rien compris à la grammaire, j’ai traversé de très nombreuses épreuves :

  • Apprentissage du vocabulaire de base (niveau A2) à l’aide de Mosalingua allemand en 2013 – 1170 cartes
  • Séjour de 1 mois à Heidelberg en Allemagne pour me motiver, et mobiliser le vocabulaire appris
  • Apprentissage de base de la grammaire (déclinaisons, cas) en L1 et L2 de LEA
  • Compréhension orale : 3 jobs effectués en Allemagne (manutention et serveur au restaurant universitaire pendant 6 mois, professeur de FLE dans une entreprise (7 mois) et aide aux devoirs aux jeunes allemands (7 mois).
  • Lecture de 60 tomes de One Piece en allemand (mal de crâne assuré), Dragon Ball en allemand, Tokyo Ghoul…
  • Ecoute de musiques en allemand (Rammstein, Gestört Aber GeiL, Stereoact…)
  • Plus de 300 échanges linguistiques effectués de 2013 à 2016 (Sprachcafé…)
  • Utilisation des applis d’échanges linguistiques pour apprendre la langue (Tandem, Mylanguageexchange.com…)
  • Visionnage de mangas en allemand sur Netflix (notamment YuGiOh), de YouTubeurs allemands (Alfons, Melina Sophie…)
  • Et bien tendu, aller voir les allemands que je ne connais pas, les aborder dans des situations improbables (notamment au Resto U)

 

Arriver à obtenir un niveau C2 en allemand, c’est loin d’être facile… Et ce fut le fruit d’efforts incommensurables pendant plusieurs années. Mais surtout une motivation d’acier et du développement personnel (je suis énormément sorti de ma zone de confort). Ma fierté personnelle c’est cette vidéo réalisée peu de temps avant d’avoir obtenu un niveau C2 en allemand, qui restera gravée dans le marbre.

Comme tout apprentissage de langue qui se respecte, je veux maintenant me lancer à fond dans le chinois (le fait que je sois dans le pays m’aide à gagner en motivation de façon drastique). J’ai donc pour objectif de :

  • Obtenir le niveau A2 en chinois d’ici 200 jours à compter d’aujourd’hui, Mardi 16 Avril 2019 (HSK 2) et donc plus précisément de :
    • Savoir parler le chinois (pour sociabiliser dans le pays dans lequel je me trouve, me faire comprendre et comprendre les natifs un minimum (d’ailleurs les chinois parlent très peu anglais pour la plupart…))
    • Lire en chinois (ce sera difficile en dessous d’un niveau B1. Pour ma part j’ai adoré lire des mangas en allemand et anglais, et ne lit presque jamais en français. Mon plaisir absolu c’est d’apprendre des langues. Je rêve donc de pouvoir lire en chinois. D’ailleurs beaucoup de mangas sont disponibles sur Kobo via un compte Taiwan.
    • Je ne compte pas forcément me « prendre la tête » avec les hanzi (caractères chinois) dans un premier temps. Savoir écrire en pinyin fera partie de mon apprentissage pour mémoriser le vocabulaire et les structures grammaticales (écriture sur ordinateur).

 

La finalité de mon défi Chinois 200 jours

 

A la fin du défi :

  • Une vidéo « la langue chinoise (FR) » sera réalisée sur ma chaine YouTube, dans le même esprit que ma vidéo « die deutsche Sprache » (12 Avril 2016), c’est-à-dire qu’il y aura une véritable expérience dans l’apprentissage de la langue, une mise en pratique sur le terrain à Chengdu, un contenu humoristique, un jeu d’acteur, etc… Il s’agira donc d’une vidéo en français à court terme, car je n’aurai normalement qu’un petit niveau A2, insuffisant pour réaliser une vidéo complètement dans la langue cible.
  • A long terme, j’aimerais faire un vidéo Hanyu (the chinese language) exactement dans le même ton, mais elle serait bien différente
    • Je disposerai d’un niveau C1 en chinois, pour faire la vidéo dans la langue cible, comme j’ai pu le faire pour « die deutsche Sprache »
    • Mais surtout, d’une expérience bien plus complète dans l’apprentissage du chinois, dans les anecdotes, et dans la qualité de mes vidéos YouTube.

Je vous donne donc rendez-vous dans deux semaines pour un premier bilan d’apprentissage du défi 200 jours en langue chinoise !